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Aëlten
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De Jung au MBTI : Aux bases de ces théories.

le Mar 7 Nov - 21:39

De Jung au MBTI



Que vous connaissiez le MBTI et Jung depuis des années, ou que vous découvriez encore ces modèles, je vous invite à ce voyage depuis leur origine.

J’espère que vous prendrez autant plaisir à lire ce petit texte que j’en ai eu à l’écrire. En se basant sur des faits, principalement, il permet à chacun de partager une base commune de connaissance sur le MBTI et Jung.

On va commencer ce petit voyage en abordant, bien sûr, Jung, et ce qui l'a influencé pour ses types psychologiques.

Contexte des Types Psychologiques



Carl Gustav Jung est un psychiatre suisse, fondateur de la psychologie analytique.
Mais avant de parler de la psychologie analytique, on va parler de Freud (Oui, il est partout celui-là). Pourquoi donc, me demanderiez-vous peut être, faire intervenir Freud ici ?  En fait, Jung a été un de ses premiers défenseurs et ami. Ils ont entretenu une relation professionnelle et amicale pendant plusieurs années (1906-1914). Jung soutient alors la psychanalyse de Freud. Elle l'a fortement influencé, car il a étudié l'oeuvre de celui qui fut son "père spirituel" de nombreuses années durant, et il a basé ses premiers écrits dessus. D'ailleurs, Jung a longtemps présidé l'Association psychanalytique internationale.

En quelques mots, qu’est-ce que la psychanalyse ?



C’est, en gros, d’expliquer que vos pensées ou actes, volontaires mais surtout non volontaires , comme les rêves, les lapsus ou le fait de présenter des symptômes sans qu’il y ait de réelle cause, sont une communication de votre inconscient. La psychanalyse essaie de traduire votre inconscient. Du temps de Freud, comme vous l’avez sans doute déjà entendu, une majorité de l’analyse de l’inconscient menait principalement à la libido et la sexualité. Une notion de déterminisme est présente.

C’est un résumé incomplet, qui ne rend pas honneur à ces théories, mais la psychanalyse de Freud n’est ici pas notre sujet. Un des points de divergences entre Freud et Jung est le fait que ce dernier était intéressé par l’occultisme, tandis que notre ami Freud, lui, réfutait absolument toutes ces possibilités.
Une des raisons qui fait que Jung est boudé dans la plupart des facs de psychologie est celle-ci : Pour ses mérites comme « occultiste », il a été élu membre honoraire de la Société américaine de recherches psychiques. Ça, et le fait que dès le départ, il ait entretenu une liaison avec une patiente hystérique, et avec certaines de ses étudiantes…ce qui ne manque pas, aujourd’hui, de soulever des débats sur le consentement et l’abus de pouvoir. Sans parler d’éventuelles connivences avec le régime nazi plus tard, qui, même si peu (voire pas du tout) fondées, ont entaché quelque peu sa notoriété.

L'influence de Bergson



Cependant, Jung se distancie progressivement de Freud et étudie avec intérêt d’autres confrères, comme Bergson, Henri de son prénom, un philosophe français. Bergson a été prolifique, assez pour qu'on ne puisse résumer sa carrière en quelques mots, mais ici on retiendra deux idées qui ont sans doute marqué Jung, à savoir les concepts d’intelligence et d’intuition. Les deux seraient pour Bergson complémentaires. La définition est complexe et Jung va se l’approprier, mais les voici :

Intelligence : « la faculté qu'ont certains êtres vivants d'agir sur la matière par l'intermédiaire d'outils et de connaître certains objets par l'intermédiaire de leurs rapports, donc avant tout par l'intermédiaire de l'espace.»

Intuition : « L'analyse opère sur l'immobile alors que l'intuition se place dans la mobilité ou, ce qui revient au même, dans la durée. Là est la ligne de démarcation bien nette entre l'intuition et l'analyse. »

Pour résumer, pour Bergson, l’intelligence est liée à l’espace, alors que l’intuition est liée au temps. L’intelligence permet d’analyser un objet, ici et maintenant, dans le présent, pour apprendre, tandis que l’intuition est la faculté de comprendre la trajectoire de l’objet dans le temps (d’où il vient, ou il va).

Cela va influencer Jung, puis encore de nos jours Myers-Briggs, avec leur concept d’intuition. L’intelligence au sens de Bergson, influencera aussi Jung, d’une autre manière, pour donner naissance, probablement, à la Sensation.

A ce moment, Jung pense déjà depuis quelques années à ses types psychologiques, mais il va être soumis à une profonde remise en question qui le fera quitter son poste. Il va donner libre cours à ses pensées plus mystiques et analyser ses rêves. C’est durant la guerre, qu’il devint vraiment célèbre et fonde avec quelques collègues l’Association de psychologie analytique – en 1916. On y arrive. Ses types psychologiques restent cependant controversés parmi ses collègues.

Premier contact avec la psychologie analytique



La psychologie analytique, c’est l’exploration de la psyché individuelle. Elle vise avant tout à comprendre et mettre des mots sur les structures de la psyché, en inscrivant un individu dans sa culture (Jung était attaché aux mythes et tradition des peuples). Si le travail était purement théorique à la base, sa rupture avec la psychanalyse de Jung lui permet de la mettre en pratique. Il existe plusieurs différences, de guéguerre entre les deux théories, mais ce n’est pas le sujet. Le point majeur est que Jung ne reconnait pas le caractère délétère des transferts dans une relation soignant-soigné, jugeant cela « normal ». Peut-être pour justifier ses aventures, ou pas, nous n’en saurons rien. Point déjà évoqué, chez Jung, la libido et les pulsions sexuelles ne sont plus le centre de tout, aussi.

C'est dans ce contexte de continuité, puis d'une forme de rupture avec Freud, mais aussi de l'influence de certains comme Bergson, que Jung va travailler à ses types psychologiques".
La suite de la vie de Jung est encore pleine de rebondissements, mais nous nous arrêterons ici en ce qui concerne notre sujet.
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Re: De Jung au MBTI : Aux bases de ces théories.

le Mer 8 Nov - 4:21

Les types psychologiques



Jung contre le typage systématique



Avant tout, Jung met en garde contre l’utilisation de ces types psychologiques, et il me semble important de retranscrire ici ses paroles :
« Si l'homme de science peut schématiser ainsi la personnalité, il n'en demeure pas moins que le mélange réel ne peut être réductible à une image aussi simplificatrice. »
Il dit encore qu’ « il est assez stérile d'étiqueter les gens et de les presser dans des catégories. »
Enfin, Jung présente Gandhi comme étant introverti, mais qui devint extraverti, pour illustrer « que ni du type psychologique ni de la façon d'être ou d'agir nous ne puissions à tout jamais sortir de notre vie »
C’est là des passages indispensables qu’à Typing Bad nous nous efforçons de mettre en avant, tant il est courant de voir des « étiquetages stériles ». Nous en tirons plusieurs leçons importantes :

• Le type d’une personne n’est qu’une grille de lecture, insuffisante pour comprendre une personne dans sa globalité. Cela ne rend pas les types ou le MBTI moins intéressants ou pertinents, bien au contraire. Ils ne fournissent qu’un schéma grossier des mécanismes psychiques d’une personne.
• L’exemple de Gandhi est tiré d’un autre livre que les types psychologiques, et ne signifie pas qu’une personne change de type pour Jung. Cela signifie qu’une personne dispose de toutes les fonctions, et qu’elle n’est pas cantonnée à jamais à sa fonction principale. L’être humain est beaucoup plus complexe que cela.


Double-paire !



quatre fonctions


Mais avançons. Le psychiatre Suisse trouve quatre fonctions.
Deux d’entre elles sont rationnelles. Cela signifie qu’elles émettent un jugement, qui, lui, dépendra de la logique (Pensée) ou de des affects (Sentiments). La pensée (T) tend vers conscience et objectivité, elle est un jugement sur la valeur, tandis que le sentiment (F), tend vers l’inconscient et la subjectivité.
Remarquez déjà une chose. Pour Jung, la perception (S ou N) est irrationnelle, le jugement rationnel. Et c’est capital à comprendre. Le Sentiment (F), est lui rationnel, au même titre que la Pensée (T)

Les deux autres sont « irrationnelles », parce qu’elles se fondent sur une perception. Dans un cas, une perception de l’objet « ici et maintenant » (Sensation), dans l’autre une perception globale des choses, mais sans en voir le cheminement (Intuition)
Notons que la sensation et l’intuition ressemblent assez aux concepts d’intelligence et d’intuition de Bergson, complémentaires dans sa pensée. Ou, plus prosaïquement, à une préférence spaciale (S) ou temporelle (N)

Articulation des fonctions


Jung précise que chaque personne possède ces quatre fonctions. Mais elles sont développées à des degrés différents en fonction de l’environnement (éducation, socialisation). La fonction Principale est la plus développée, celle qu’on utilise au quotidien. Les deux suivantes autres sont auxiliaires pour Jung, et antagonistes à la principale (donc de perception si l’individu présente une principale de jugement, et inversement). La dernière est plus inconsciente et susceptible d’être refoulée.
En fait, en Allemand, au chapitre X de "Psychologische Typen", Jung ne parle que "Hauptfunktion" und "Hilfsfunktion", soit "fonction principale" et "fonction d'aide", au singulier. En revanche, il présente tout de même des nuances à ses types, en disant qu'il présente quelque chose de "pur", qui ne peut pas exister, car la fonction principale a besoin de son "aide". Il présente une opposition entre Principale-Aide et entre l'Inconsciente et son aide.
Ce petit paragraphe va être déterminant pour le MBTI plus tard, puisque c'est lui qui va mener à 16 types au lieu de 8.

En clair


Pour Jung, les fonctions ne sont pas totalement innées. Chaque être humain dispose des quatre fonctions principales, mais ses inclinaisons naturelles et environnementales vont favoriser un certain ordre.
Cet ordre sera logique. Si l’on utilise T comme principale, il est logique qu’en contrepartie, ce soit F la moins utilisée, tandis que N et S arriveront entre les deux. Cette paire ci est moins déséquilibrée. Etant moins utilisée que la principale, son antagoniste peut prendre plus de place, relativement.

J’en profite pour placer cette citation ultra connue de Jung : « La sensation vous dit que quelque chose existe ; la réflexion vous dit ce que c’est ; le sentiment vous dit si c'est agréable ou pas ; et l'intuition vous dit d'où il vient et où il va.».

Trois paires ? Tu triches !



Une paire pour les contrôler toutes


Sur ces deux paires de fonctions, Jung ajoute une troisième paire, à laquelle les autres sont subordonnées. L’orientation de l’énergie. Il s’agit de comprendre l’origine de l’énergie d’une personne. Est-elle Introvertie, tirant de l’énergie de son monde intérieur ? Ou Extravertie, en cela qu’elle se nourrit de l’environnement extérieur, des activités et autres expériences ?
Si cette définition est différente du sens courant qu’on accorde généralement à l’introversion et à l’extraversion, la confusion vient du fait qu’en termes de conséquence, une personne trouvant l’énergie en elle-même aura une tendance à être distante et renfermée, tandis que l’extraverti aura cette tendance à être expansif, même si ce n'est pas forcément le cas de tout le monde.

Pour Jung, L’orientation de l’énergie est la caractéristique la plus importante de l’individu, et il dit clairement que chaque personne tend vers l’un ou l’autre.Une personne introvertie aura sa fonction principale dirigée vers l'intérieur, et inversement pour une personne extravertie.

Précision manquante


Pour l'orientation (I/E) des fonctions, Jung ne parle concrètement que de la principale, de l'auxiliaire (d'orientation énergétique opposée) et de l'inconscient (opposée aussi). De là est né un des points de divergence des différentes théories: Comme il n'aborde pas la future "tertiaire", le MBTI a fait le choix de la supposer opposée dans l'orientation de l’énergie à l'inférieure - pour former deux moteurs qui s'opposent, pour donner ce qu'on connait. Mais comme ce n'est pas écrit formellement, certains sont partis du principe que la tertiaire était aussi opposée à la principale dans sa dimension énergétique. Evidemment, il n'y a pas de réponse claire, sans quoi cette polémique d'existerait pas.

Enfin, les fonctions de Jung



Avec quatre fonctions et deux orientations de l’énergie, on arrive à 8 types psychologiques, qui reflètent les deux groupes de quatre fonctions qu’on décrira en quelques mots chacune :

• Se : Se fie à ses sens, agit dans le présent, sur le concret, sur l’espace. Accumule les données pertinentes dans le présent, voit « ce qui est »
• Ne : Fait des liens, traduit le présent par « ce qui pourrait être », remarque le non-verbal et lui donne un sens.
• Fe : Cherche l’harmonie dans le monde extérieur. Importance des valeurs culturelles et relationnelles. Définit ce qui est acceptable et approprié pour les autres.
• Te : Cherche la logique du monde extérieur. Les lois et règles lui importent.  Structure et applique la logique, juge de la fonctionnalité
• Si : Compare le présent au passé, qu’il archive pour s’en servir de guide. Accumule les données
• Ni : Anticipe les conséquences, et la trajectoire des choses. Fait des liens dans son monde intérieur
• Fi : Cherche l’harmonie de ses actions/pensées avec ses valeurs personnelles. Evalue à partir des vérités sur lesquelles il se base. Cherche l’adhésion et juge de la légitimité des causes.
• Ti : Cherche la logique et la cohérence des idées, en se fiant à son cadre intérieur. Analyse, classe selon son cadre. Juge les incohérences, les manques de précision, cherche la clarification


En résumé


On remarque que les fonctions  F et T sont écrites en terme de « jugement ». Elles sont orientées vers un but, au contraire des fonctions N et S
Remarquons tout de suite une chose : Les types psychologiques de Jung portent plus attention à I et E qu’au reste.
Pour Jung, seule la fonction principale définit ses types, et il précise que c'est théorique et que l'association avec la fonction d'aide est indispensable.
Donc si vous voyez un type "INTJ", écrit "Ni-Te-Fi-Se", il s'agit, ni plus ni moins que des fonctions de Jung appliquées au MBTI, ce ne sont les types de Jung.


Dernière édition par Rockman le Mer 8 Nov - 7:22, édité 2 fois
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Re: De Jung au MBTI : Aux bases de ces théories.

le Mer 8 Nov - 7:06

De Jung vers le MBTI



Les types psychologiques de Jung ont mené à de nombreuses prolongations, la plus connue étant le MBTI et ses dérivés. Mais l'ouvrage a inspiré d'autres théories, comme la socionique ou les tempéraments de Keirsey, souvent intégrés au MBTI. On en parlera plus tard.

Une transition fondée sur 16 types plutôt que 8 :
une évolution, ou une simple récupération ?



Katherine Cook Briggs est une théoricienne américaine en psychologie. Sa fille, Isabel Briggs-Myers est une romancière et également théoricienne en psychologie. Ensemble, elles passeront une bonne partie de leur vie à créer le Myers-Briggs Type Indicator, ou le MBTI.

La principale "nouveauté", ce sera de passer le nombre de types de 8 à 16, en distinguant les deux auxiliaires possibles par fonction principale.Le constat est simple: Une personne utilisant une fonction de perception principalement, aura une fonction préférentielle de jugement. C'est d'autant plus vrai pour les types introvertis, ou l'auxiliaire se perçoit parfois plus que la principale, car cette dernière est introvertie, dirigée vers le sujet.

Et cette différence sera la différence majeure entre le MBTI et les fonctions de Jung, même si, comme on l'a vu précédemment, Jung parlait déjà de deux auxiliaires possibles. Ainsi, le MBTI n'a fait qu'exploiter une piste déjà donnée par Jung.

L'autre nouveauté, ce sera de créer un sigle à 4 chiffres, incluant les trois "paires" de Jung et une quatrième. J et P ne sont cependant pas un axe sur lequel on se place. J et P indiquent seulement quelle est la fonction extravertie parmi celle de jugement (J) ou de perception (P).
Cependant, si l'on place tous les types qui ont un jugement extraverti en dominante ou auxiliaire d'un côté, on va logiquement se retrouver avec des personnes qui vont être organisées (rappelez-vous des descriptions des fonctions de jugement vers les buts). Et si l'on met tous les types P de l'autre, on aura tendance à trouver plus de personnes "flexibles", ou le but importe un peu moins.

Cette réflexion est la base du MBTI.

Or, cela signifie que l'auxiliaire est plus importante pour les types I que pour les E pour ce qui est de la détermination du type, puisque c'est elle qui définira si une personne est "organisée - J" ou "souple - P", et non pas la principale, comme chez les E. Et c'est en partie sur cela que vont se fonder les tempéraments de Keirsey.

Un classement quatre à quatre



David Keirsey est un psychologue clinicien, qui a travaillé toute sa vie dans le pathologique, avec des jeunes délinquants. Il est connu pour son ouvrage "please understand me", qui développe une typologie personnelle inspirée par le MBTI.

Le MBTI intègre plus ou moins les tempéraments de Keirsey, qui classe en quatre groupes les 16 types. Pour les deux premiers groupes, il s'est inspiré tout simplement du livre de Jung "types psychologiques", puisqu'au chapitre II, 2, c), page 141, on trouve "Der Idealist und der Realist".
Or, en Allemand, der Realist, se réfère à "quelqu'un qui considère les faits avec sobrieté et objectivité, et qui agit en conformité avec eux; homme de la réalité"
Traduction originale:
Jemand, der die Gegebenheiten nüchtern und sachlich betrachtet und sich in seinem Handeln danach richtet; Wirklichkeitsmensch.

spéculation:
Ici, je spécule, d'ou la balise spoiler, mais il me semble que la définition fait référence à T plus qu'à NT. Et Idealist fait référence à la poursuite d'idéaux en négligeant les faits objectifs.
Si l'on devait utiliser les définitions allemandes de ces deux catégories - Ce qui fait sens, c'était la langue de Jung -, les ST et les NT seraient "Realist", tandis que les SF et les NF seraient "Idealist", rapport à la différence "objectif/subjectif" de Jung.

Donc, on a traduit Realist par Rationnel, et gardé Idéaliste. Le classement se serait fait sur des caractéristiques communes, en ajoutant "Gardiens - les SJ" et "Artisans - SP".
Cela dit, on l'a prouvé avant, P/J ne représentent pas vraiment un axe réel issu de Jung, ce qui rend la classification en SP et SJ un peu étrange.

Attention: les tempéraments de Keirsey se fondent sur du comportemental observable, tandis que le MBTI se base sur les fonctions psychologiques de Jung. et n'oubliez pas que c'est l'émergence de la psychologie américaine, qui apprécie à cette époque grandement les distinctions "organisé-désorganisé", qu'on va retrouver dans quasiment toutes les classifications, qu'il s'agisse d'élèves ou de serial killer.

D'ailleurs, à l'origine, Myers regrouppait les types deux à deux, selon leur dominante, soit :

INTP-ISTP
INFP-ISFP
ISTJ-ISFJ
INFJ-INTJ
ENFJ-ESFJ
ENTJ-ESTJ
ENFP-ENTP
ESFP-ESTP


C'est Keirsey qui s'est inspiré d'un Allemand, Ernst Kretchmer (qui, au cours de la seconde guerre mondiale, a perdu son poste du fait de sa nationalité juive et a été remplacé par un certain C.G Jung: comme quoi, le monde est petit). Le souci est que Kretchmer étudiait la psychopathologie, et Keirsey les comportements anormaux. Les quatre tempéraments de Keirsey correspondent à :

NT insensible
SJ dépressif
SP hypomaniaque
NF hypersensible

Anecdote:
Keirsey a été assez mal vu dans les années 2000, lorsqu'il a pris position contre l'existence des Troubles de l'Attention chez les enfants, déclarant qu'il étaient juste "SP".

Conclusion



Si Jung est un personnage controversé, nul doute que ses fondations en psychologie sont des plus solides, et son apport à la psychologie est importante, son oeuvre majeure reconnue étant les "types psychologiques". Sa classification est à la base du MBTI et de la socionique. Cependant, c'était un personnage qui aimait revenir souvent sur ses travaux. une personne avec des préoccupations de l'ordre de l'occulte et de la croyance, et pas très doué pour expliciter ses concepts, compte tenu des difficultés à les appréhender encore de nos jours.

Myers-Briggs ne se placent pas vraiment dans la rupture avec Jung, mais plutôt dans une continuité, en poursuivant une idée évoquée par Jung. Elles sont formalisé et décrit les seize types de leur classification, tout en développant différentes dimensions, ce qui a donné un outil des plus utilisé de nos jours.

Néanmoins, l'intégration des tempéraments de Keirsey semble moins pertinente et rend le MBTI quelque peu confus, en intégrant une dimension comportementale à une théorie de processus cognitifs, et en cassant le classement originel de Myers, plus proche de Jung. Mais intégrer ces comportements, n'est-ce pas ce qui a permis l'utilisation "business" du MBTI, qui a contribué fortement à sa notoriété ?
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Re: De Jung au MBTI : Aux bases de ces théories.

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