Partagez
Aller en bas
avatar
Nil
Messages : 50
Date d'inscription : 21/07/2017

Clichés sur les S : biais et confusions

le Dim 12 Nov - 1:43
Bonsoir à vous,

S'il y a bien une chose qui pullule dans la communauté du MBTI, ce sont les clichés sur les S. Qu'il s'agisse de N gonflés d'arrogance dénigrant la Sensation, de personnes ne se rendant pas forcément compte de leur mépris, ou de personnes reprenant ces clichés pour rire des deux premières catégories, les S prennent parfois cher, et ce de façon injuste. Même les tests semblent parfois user de raccourcis grossiers, refusant aux S toute imagination et tout intérêt pour les histoires ou l'abstrait.

J'invite donc chaudement les quelques S qui traînent par ici, qu'ils soient SP, SJ, E, I, F, T, à venir s'ils le souhaitent s'exprimer sur ce sujet. Qu'il s'agisse de mentionner les clichés les plus fréquents et les plus énervants, et surtout de nous expliquer à quel point Si et Se sont géniales et pas aussi limitées que ce que les critiques s'imaginent, vos témoignages nous permettraient certainement de réussir à cerner des fonctions que nous comprenons sans doute, pour pas mal d'entre nous, bien mal. Par ailleurs, pensez-vous qu'il y ait des personnes se pensant N, mais étant en réalité S ? Et si oui, dans quelle proportion ?

Pour les autres, n'hésitez pas à mentionner toute expérience en lien avec ce sujet (qu'il s'agisse de répertorier des clichés connus ou d'expliquer ce que vous appréciez/comprenez dans Si et/ou Se) ou à réagir.
avatar
Aëlten
Admin
Messages : 60
Date d'inscription : 21/07/2017
Age : 30
Localisation : Quelque part en France
http://mbti.forumactif.com

Re: Clichés sur les S : biais et confusions

le Mer 15 Nov - 6:53
J'ai un très bon ami ISTJ (Si-dom): Loin d'être une caricature de tous les clichés dont on affuble les types "S", c'est une personne très intelligente, qui est capable de créer une base de réflexion solide, en accumulant les références, puis en allant chercher de nouvelles données, pour comparer, aller plus loin et porter un jugement. Il ne se disperse pas et dispose d'une grande culture. Sur ses sujets de prédilection, il lit pas mal (il a passé un DU de crimino récemment) et lors d'un débat, il arrive à transcrire l'essence d'un concept en l'appliquant concrètement.

Au niveau des clichés, on dit les SJ très ancrés dans les traditions, et la fonction Si est dirigée vers le passé. Néanmoins, je pense que Si n'oublie pas d'ancrer ses données dans un contexte, ce qui est indispensable souvent à la compréhension, qu'il s'agisse d'un fait historique ou de l'évolution de certains concepts.
Cependant, si les SJ font bel et bien appel au passé, c'est parfois pour mieux s'en émanciper, en reconsidérant le passé autrement.

Je ferais un parallèle avec les NF. Ils sont valorisés, comme les autres types N, pour leur capacité à réfléchir de manière abstraite, à imaginer des concepts. Sauf que l'absence de référentiel temporel, historique, et l'absence souvent de direction rend les beaux concepts abstraits inutiles : Cela devient, ni plus ni moins, que de la masturbation intellectuelle.
Pour moi, les SJ sont tout aussi efficaces dans certains aspects. Et tout aussi disparates : Il n'y a pas un stéréotype SJ, mais des personnes différentes, avec des cultures différentes, un niveau intellectuel différent, des sensibilités différentes.

Alors oui, le cliché du SJ bourru qui scande "c'était mieux avant", ça existe, tout autant que le NF incompris de tous qui se ravit de sa pensée "foisonnante", et pourtant stérile.
Mais là ou on valorise la pensée des N, on réduit souvent les S à une absence d'imagination et une pensée terre-à-terre. C'est totalement faux.

J'aimerais d'ailleurs rappeler qu'à la base, la sensation selon Jung est très liée à "l'intelligence" de Bergson. Rien de terre-à-terre.

Pour finir, je pense que la dévalorisation des types S, et des SJ en particulier conduit à pas mal de mistype. Alors que ce n'est pas nécessaire, soyez fiers d'être S! ce n'est pas "mieux" ou "moins bien" que N, c'est différent et complémentaire.
avatar
Mamy Mougeot
Messages : 29
Date d'inscription : 16/11/2017

Re: Clichés sur les S : biais et confusions

le Sam 25 Nov - 21:47
A propos des SJ:
Rockman a écrit:Au niveau des clichés, on dit les SJ très ancrés dans les traditions, et la fonction Si est dirigée vers le passé. Néanmoins, je pense que Si n'oublie pas d'ancrer ses données dans un contexte, ce qui est indispensable souvent à la compréhension, qu'il s'agisse d'un fait historique ou de l'évolution de certains concepts.
Cependant, si les SJ font bel et bien appel au passé, c'est parfois pour mieux s'en émanciper, en reconsidérant le passé autrement.
Ô combien oui!

Pour reformuler, Si est une fonction qui fait office de base de donnée: telle expérience --> tel résultat. Check. La prochaine fois que Si est confronté à une expérience similaire, RIEN ne dit qu'il va choisir de reproduire le même résultat, mais simplement qu'il va se baser avant tout sur l'issue de la première expérience pour prendre sa décision. Issue favorable et voulue --> on refait pareil (pourquoi changer une équipe qui gagne? c'est le bon sens même). Issue défavorable --> on ne fait pas pareil (contrairement aux idées reçues, Si-dom ne fait pas répéter la même erreur à l'infini). Issue moyennement favorable --> ici effectivement, Si-dom peut préférer garder une issue moyennement favorable en sachant qu'elle pourrait "être pire".
Comparé à cette vision de Si, je trouve souvent mon Ne très inefficace (je réinvente régulièrement le fil à couper l'eau chaude). Plus fun, probablement, mais pas franchement optimisé.

Autre point: si on remonte aux origines de Si, l'expérience première sur laquelle la base de donnée est construite dépend de facteurs extérieurs, pas d'une décision consciente de faire "comme la majorité a toujours fait" (le côté purement comportementaliste du "Gardien" de Keirsey). Je connais une ISFJ qui a grandi dans un environnement anar/hippie, elle est loin d'être "conventionnelle", et base pourtant toute sa réflexion sur ce qu'elle a vécu, expérimenté, ou vu/lu/entendu. Le parfait contre-exemple étant sa soeur ISFP, dont le Fi-dom a rejeté en bloc le système de pensée familial (aujourd'hui directrice d'une agence commerciale, tailleurs-talons, le cliché visuel de l'STJ rigide).

Avec le recul, je crois que Kersey a fait beaucoup de mal au modèle du MBTI...

[Edit: Suite du message, qui concerne aussi les SP...]

Les S sont également ceux qui parviennent à concrétiser, faire exister ce qu'un N a conçu, ce dont il a eu l'idée. Je viens de finir une collaboration musico-scénographico-théâtrale, dont le résultat a été über satisfaisant grâce à un savant mélange N/S cheers J'ai collaboré dès la création, dans les idées, la vision de la pièce, la dramaturgie, le fondement expressionniste, etc. mais à chaque étape de la création, ce sont mes collaborateurs S qui ont su traduire ces idées et visions en musique, modules, mouvements, accessoires, costumes. Ce sont eux qui ont su dire "stop" aux investigations pour fixer la mise en scène de tel passage et avancer dans le processus.
Et un exemple concret, qui m'a fait mourir de rire lors de la générale: depuis le public, je constate que des acteurs sont à plusieurs moments dans l'ombre. Je note mentalement, je leur en fais part à la fin, mais sans pouvoir leur dire quand et où exactement. Au moment où je m'embrouille pour leur expliquer que le rectangle de telle atmosphère n'a pas de contre-frontale, le technicien-lumière les fait se remettre en place, allume, leur dit d'avancer d'un pas, et dit "c'est là, prenez la marque". Merci, au revoir. lol!

Bref, c'est beau la diversité et la complémentarité cyclops


Dernière édition par Mamy Mougeot le Dim 26 Nov - 19:18, édité 1 fois (Raison : Ajout de la deuxième partie du message)
avatar
Nil
Messages : 50
Date d'inscription : 21/07/2017

Re: Clichés sur les S : biais et confusions

le Lun 27 Nov - 21:50
Rockman a écrit:Je ferais un parallèle avec les NF. Ils sont valorisés, comme les autres types N, pour leur capacité à réfléchir de manière abstraite, à imaginer des concepts. Sauf que l'absence de référentiel temporel, historique, et l'absence souvent de direction rend les beaux concepts abstraits inutiles : Cela devient, ni plus ni moins, que de la masturbation intellectuelle.
[...]
Alors oui, le cliché du SJ bourru qui scande "c'était mieux avant", ça existe, tout autant que le NF incompris de tous qui se ravit de sa pensée "foisonnante", et pourtant stérile.

Sacrés NT, heureusement que contrairement aux NF ils n'ont pas tous ces défauts. What a Face


Pour ce qui est des SJ, vos témoignages sont intéressants. Je viens apporter ma petite pierre à l'édifice, même s'il est possible que je raconte du bon bullshit garni de clichés (au pire, on est là pour ça, contredisez-moi !)

J'ai souvent vu, chez des Si-dom desquels j'ai été proche, et pour rebondir sur l'idée d'ancrage au passé que vous évoquez, une capacité à "s'immerger" dans une culture/un "monde"/"environnement" à tel point que cela semblait en quelque sorte lié à leur identité/façon d'être. Typiquement, je pense à une ISFJ qui s'est prise de passion pour un film en particulier qu'elle a adoré dans son enfance, et qui a développé un intérêt énorme pour tout ce qui était lié (en l'occurence, c'était un film de James Bond, donc elle connaît toute la saga, mais adore aussi la Russie, sait différencier des tas de flingues aux noms barbares, ne peut s'empêcher d'en adorer tous les jeux). Je ne peux que rester bouche-bée quand je vois l'étendue, la richesse et la précision de ce savoir fixé sur un intérêt précis, et dont elle parle toujours avec passion. De la même manière, une autre amie ISFJ a fait son petit nid dans l'univers des Avengers et dans les jeux vidéos, impossible de l'empêcher de parler lorsqu'on la lance sur un de ses sujets... Et si on s'intéresse au même jeu à un instant T, elle finit toujours par en savoir plus vite bien plus que moi (pour peu que son intérêt soit fort). D'ailleurs, les deux sont clairement geek, et assez loin des clichés de la fille-féminine-ménagère-de-moins-de-50-ans. J'ai même pu en initier une au MBTI et à l'ennéagramme (sur 16personnalités, elle tombait INFJ parce qu'elle est beaucoup plus portée vers les histoires, l'imaginaire, etc, que sur le concret, comme quoi).

À côté de ça, j'ai certes des passions, mais je ne pourrais ni citer l'histoire des domaines dans lesquelles j'ai pourtant des compétences (ou vaguement), ni reconnaître les personnalités majeures, ni sortir 20 000 anecdotes sur telle ou telle histoire (j'oublie systématiquement, huhu), et je ressens parfois la frustration de pas voir les choses ni se fixer, ni s'organiser de façon plus rigoureuse. Intérieurement, et quel que soit le domaine auquel je m'intéresse, j'ai tendance à élargir, à faire des analogies, et à prendre plus de plaisir à inventer des choses plutôt qu'à les réutiliser - ce qui me fait comme Mamie réinventer la roue et l'eau chaude (parfois avec plaisir, heureusement) là où j'aurais juste pu réutiliser ce que j'avais déjà et peut-être aller plus vite.

Je reviens aussi sur le cliché "Les SJ aiment les tâches répétitives et administratives" (le côté "gardien"). Dans les faits, j'ai surtout vu chez les SJ (que je connais, bien sûr, expérience totalement subjective) une certaine rigueur sur les trucs qui leur semblent importants, au point qu'ils soient plus critiques lorsque les choses sont bâclées ou ne correspondent pas à ce qui devrait être fait. Par exemple, pour avoir fait de l'intégration web (transformer des maquettes photoshop en code HTML/CSS pour coder une page web) avec une ISTJ, celle-ci me laissait souvent faire lorsqu'il s'agissait de trouver le design général et les effets, mais lorsqu'on réalisait concrètement le truc elle passait systématiquement derrière moi pour rectifier des décalages ou des petites choses ici ou là que j'avais "bâclé" en considérant que ça faisait peu de différence. Là où elle plissait les yeux sévèrement, je trouvais que "ça allait".... mais une fois que tout était parfaitement cadré, j'étais bien obligée d'admettre que la différence était importante et concrétisait réellement l'idée de A à Z, alors que seule je me serais arrêtée à P. (Bon, là, je rejoins ce que disait Mamie Mougeot). À côté de ça, rien l'empêche de se plaindre du ménage et de la paperasse comme tout le monde, really, et de pas aimer refaire en boucle les choses qui ne la détendent pas.

En ce qui concerne les SP, j'ai un peu moins d'exemples, même si je peux rapidement évoquer ma soeur (probablement ESFP) sous la main. Là où les SJ me fascinent par leur culture sur leurs sujets de prédilection, je ne peux que lui envier son adaptabilité et son lien direct avec l'environnement (mettez-nous dans un camping, elle connaît tout le monde en deux jours, tandis que je resterai super distante, même si l'introversion n'aide pas) C'est aussi, j'imagine, le genre de personne capable de s'adapter rapidement à pas mal de boulots à droite à gauche, même si son Fi bouillonnant surgit parfois pour lui rappeler ce qui lui convient ou non (elle crise souvent, mais elle est jeune et a encore besoin de trouver sa voie).
Si je devais la comparer à un spécimen NFP, je dirais que la principale différence est dans son côté "je vais à l'essentiel, je fais des trucs, je suis spontanée". Je ne vais pas passer des heures à lui parler de possibilités théoriques, même si on rigole bien en imaginant quelque plan machiavélique, et tout au plus on supposera sur ce qu'elle va faire plus tard (elle est du genre à avoir une idée en tête à la fois, même si elle en change souvent pour l'instant, mais elle est convaincue par son idée tant qu'elle en a pas changé), et je risque pas de la voir perdue dans quelque chose de trop "déconnecté". Si elle doit se réfugier dans quelque chose, ce sera très souvent dans quelque chose de plus matériel (pour son plus grand mal parfois, hélas), ou dans des sorties. Y'a pas de mieux ou de moins bien, et je doute que ça la rende plus stupide en soi.

Voilà. *part se cacher*
Contenu sponsorisé

Re: Clichés sur les S : biais et confusions

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum